En quoi consiste le travail d’un traducteur, précisément ? Il me semble que la question vaut la peine d’être posée, car la plupart des personnes de mon entourage n’ont pas été en mesure de donner une définition claire du métier, lorsque j’ai repris mes études il y a quelques années… Alors, entre clichés et idées fausses, allons voir ça de plus près !

Traducteur = interprète…. ??

Qui fait quoi ?

C’est souvent la confusion entre ce que fait un traducteur VS un interprète. Qui parmi vous saura me le dire sans hésitation…? Je sais par expérience que certaines personnes pensent même que ces deux termes sont synonymes ! (aïe, coup en plein cœur… ahah) Le traducteur travaille sur son ordinateur dans le confort de son bureau, avec ses dictionnaires et du temps (alors là, tout est relatif, attention…) pour traduire à l’écrit des documents en tous genres. L’interprète, quant à lui, travaille souvent à l’extérieur, même si cela a évolué avec les années post-COVID. Il se déplace très régulièrement chez ses clients pour traduire à L’ORAL et en LIVE les échanges entre différentes personnes, lors de réunions, visites d’usines, défilés de mode, etc. En règle générale, il est en binôme afin de se relayer sur la durée des échanges, et il a besoin de matériel pour fournir un travail de qualité. Même si la base de notre travail reste les langues, les compétences sont bien différentes.

Comment les traducteurs sont perçus dans l’imaginaire collectif…

Alors, certes, ma nouvelle vie de freelance m’a apporté une grande liberté dans l’organisation de mes journées – je peux tout à fait travailler à partir de 15 h si l’envie me prend ! Il n’en reste pas moins que j’ai besoin d’être installée à un bureau avec tout le confort possible, une excellente connexion internet et mes 2 écrans… Je fais tout de même un travail qui demande une grande concentration, ainsi qu’un tas d’outils (numériques, en grande partie). Conclusion : non, je ne passe pas mon temps à voyager dans des destinations paradisiaques (ce qui est bien dommage, j’en conviens parfaitement !) En plus, j’ai investi dans un super fauteuil de bureau, donc je ne me vois pas travailler en équilibre dans un hamac.

Un autre mythe : une traductrice est parfaitement bilingue et on peut donc lui demander tout et n’importe quoi.

Comment dire ? Non, je ne connais pas le dictionnaire par cœur, j’en ai même besoin de plusieurs pour travailler efficacement ! À vrai dire, je ne connais pas tous les mots de la langue française, et vous non plus d’ailleurs 🙂 Vous savez, vous, ce que « couturier » signifie quand il est appliqué au corps humain ? Sauriez-vous énumérer toutes les définitions du terme « cru » ? Bon, vous avez compris le principe : il existe tout un éventail de mots du quotidien dont la signification change dès lors qu’ils sont utilisés dans des domaines dits de spécialité. Un bon exemple serait le milieu médical, financier ou encore viticole. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un traducteur doit certes connaître une (ou plusieurs) langues étrangères, mais surtout sa langue maternelle. Et vous allez me voir le répéter un paquet de fois, mais le contexte, c’est la BASE !!

Autre cliché : mais pourquoi tu veux être traductrice, l’intelligence artificielle (IA) fait ton travail à ta place ?!?

J’ai dû apprendre la pédagogie… 😊 Alors, clairement, et en toute honnêteté, NON, je n’ai pas peur que les IA me volent mon travail, car elles ne peuvent pas faire (exactement) le même travail que moi. Je précise déjà que je ne suis pas anti-IA. Certains de mes confrères diront que je suis passée du côté obscur de la force (!), mais je fais partie de celles et ceux qui voient dans l’IA un nouvel outil à notre disposition. Je ne dirais pas que je n’y étais pas réticente au début, mais je suis curieuse de nature donc je me suis renseignée un peu avant de me faire une opinion, et surtout j’ai testé et le verdict est sans appel : merci ChatGPT, mais non merci ! C’est un très bon outil qui permet à tous ceux qui l’utilisent EN BONNE INTELLIGENCE (oui, je sais, les majuscules ça fait peur, mais les imbéciles me fatiguent) de gagner du temps – et potentiellement de l’argent. Je n’ai pas honte de le dire, je l’utilise plusieurs fois par semaine dans le cadre du travail (hors traduction, attention !), MAIS en veillant toujours à bien relire le contenu proposé, à le vérifier via d’autres sources et à le corriger – je n’ai pas fait d’étude poussée, mais je dirais à vue de nez que 6 à 7 fois sur 10 je dois reprendre ce que me propose l’IA générative. Quand il n’y a pas de faute d’orthographe ou de grammaire, il y a de grossières erreurs (de traduction et autres). Par exemple, je l’utilise pour qu’il me donne des règles de grammaire résumées, quand je n’ai pas envie d’aller chercher dans mes manuels pour le faire et ensuite le donner à mes étudiants, mais je dois régulièrement corriger le contenu. Ensuite, sur des questions strictement esthétiques, il est fortement recommandé de remanier le texte que nous sort l’IA afin de le rendre plus harmonieux et plus « humain »…! C’est pratique pour te donner des idées de départ, mais je pense qu’on ne devrait pas donner le gros du travail aux IA en leur faisant confiance aveuglément.

Par ailleurs, ce que j’adore dans mon travail, c’est qu’il offre la possibilité de varier les tâches. Je ne suis pas QUE traductrice… je suis avant tout une linguiste, ce qui me permet de faire également de la relecture, de la post-édition (révision de contenus générés ou traduits par l’IA…), de la transcription et de la rédaction. Le développement des IA a tout de même fait évoluer drastiquement les métiers des langues, c’est une évidence que je ne peux nier. Mais cela m’a permis de me diversifier, et je propose également mes services en tant que professeur de FLE et assistante bilingue. Ce qui me démarque des IA, c’est ma connaissance poussée de la langue française et mon attention aux détails qui me permettent d’être encore à ce jour, plus douée que l’IA !

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