Le métier de traductrice décrypté

En quoi consiste le travail d’un traducteur, précisément ? Il me semble que la question vaut la peine d’être posée, car la plupart des personnes de mon entourage n’ont pas été en mesure de donner une définition claire du métier, lorsque j’ai repris mes études il y a quelques années… Alors, entre clichés et idées fausses, allons voir ça de plus près !

Traducteur = interprète…. ??

Qui fait quoi ?

C’est souvent la confusion entre ce que fait un traducteur VS un interprète. Qui parmi vous saura me le dire sans hésitation…? Je sais par expérience que certaines personnes pensent même que ces deux termes sont synonymes ! (aïe, coup en plein cœur… ahah) Le traducteur travaille sur son ordinateur dans le confort de son bureau, avec ses dictionnaires et du temps (alors là, tout est relatif, attention…) pour traduire à L’ECRIT des documents en tout genre. L’interprète, quant à lui, travaille la plupart du temps à l’extérieur. Il se déplace très régulièrement chez ses clients pour traduire à L’ORAL et en LIVE les échanges entre différentes personnes, lors de réunions, visites d’usines, défilés de mode, etc. Dans le meilleur des cas, il sera en binôme afin de se relayer sur la durée des échanges, et il a besoin de matériel pour fournir un travail de qualité. Ceci étant dit, un interprète peut également être traducteur, même si cela reste marginal – car soyons honnêtes, on gagne généralement mieux sa vie en étant interprète que traducteur. Mais ne vous y trompez pas, ce sont bel et bien deux métiers distincts qui demandent, au-delà de la connaissance parfaites de leurs langues de travail, des compétences différentes.

Comment les traducteurs sont perçus dans l’imaginaire collectif…

Alors, certes, ma nouvelle vie de freelance m’a apporté une grande liberté dans l’organisation de mes journées – je peux tout à fait travailler à partir de 15h si l’envie me prends ! Il n’en reste pas moins que j’ai besoin d’être installée à un bureau avec tout le confort possible, une excellente connexion internet et mes 2 écrans… Je fais tout de même un travail qui demande une grande concentration, ainsi qu’un tas d’outils (numériques, en grande partie). Conclusion : non, je ne passe pas mon temps à voyager dans des destinations paradisiaques (ce qui est bien dommage, j’en conviens parfaitement !) En plus, j’ai investi dans un super fauteuil de bureau, donc je ne me vois pas travailler en équilibre dans un hamac ahah.

Un autre mythe : une traductrice est parfaitement bilingue et on peut donc lui demander tout et n’importe quoi.

Heuuu comment vous dire ??? (cf animation ci-dessus, je suis en PLS). Non, je ne connais pas le dictionnaire par cœur, j’en ai même besoin de plusieurs pour bosser efficacement, et je ne suis pas une encyclopédie sur pattes ! A vrai dire, je ne connais pas tous les mots de la langue française, et vous non plus d’ailleurs 🙂 Vous savez, vous, ce que « couturier » signifie quand il est appliqué au corps humain ? Sauriez-vous énumérer toutes les définitions du terme « cru » ? Bon, vous avez compris le principe : il existe tout un éventail de mots du quotidien dont la signification change dès lors qu’ils sont utilisés dans des domaines que l’on appelle de spécialité. Un bon exemple serait le milieu médical, ou encore viticole. Mais nous aurons l’occasion de revenir sur cet aspect en détail dans de futures escapades ! Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un traducteur doit certes connaitre une (ou plusieurs) langues étrangères, mais surtout sa langue maternelle. Et vous allez me voir le répéter un paquet de fois, mais le contexte, c’est la BASE !!

Autre cliché : mais pourquoi tu veux être traductrice, l’intelligence artificielle (IA) fait ton travail à ta place ?!?

OKAYYYYYY on respire et on reste calme. Et on apprend à être pédagogue (courage ma grande…) ! Alors, très très clairement et en toute honnêteté, NON, je n’ai pas peur que les IA me piquent mon travail, car NON, elles ne peuvent pas faire le même travail que moi. Je m’explique : déjà, je précise que je ne suis pas une anti-IA. Certains de mes confrères diront que je suis passée du côté obscur de la force (!), mais je fais partie de celles et ceux qui voient dans l’IA un nouvel outil à notre disposition. Je ne dirais pas que je n’y étais pas réticente au début, mais je suis curieuse de nature donc je me suis renseignée un peu avant de me faire une opinion, et surtout j’ai testé et le verdict est sans appel : merci Chat GPT, mais non merci ahah ! Je ferai simple, car j’ai un autre article sur les IA et la traduction automatique. C’est un très bon outil qui permet à tous ceux qui l’utilisent EN BONNE INTELLIGENCE (oui, je sais, les majuscules ça fait peur, mais les imbéciles me fatiguent) de gagner du temps – et potentiellement de l’argent. Je n’ai pas honte de le dire, je l’utilise plusieurs fois par semaine dans le cadre du travail (hors traduction, attention !), MAIS en veillant toujours à bien relire le contenu proposé et à le corriger – je n’ai pas fait d’étude poussée, mais je dirais à vue de nez que 6 à 7 fois sur 10 je dois reprendre ce que me propose Chat GPT. Quand il n’y a pas de faute d’orthographe ou de grammaire, il y a de grossières erreurs (de traduction et autres). Par exemple, je l’utilise pour qu’il rédige des règles de grammaire, ce qui me fait gagner du temps car je n’ai pas à aller chercher dans mes manuels pour le faire et ensuite le donner à mes étudiants, mais je dois régulièrement corriger le contenu. Ensuite, sur des questions strictement esthétiques, il est fortement recommandé de remanier le texte que nous sort l’IA afin de le rendre plus harmonieux et plus « humain »…! Par contre, pour des questions plus « simples » ça passe très bien. Je l’utilise pour me donner des idées de post pour mes réseaux sociaux, et je gagne du temps, c’est indéniable.

Par ailleurs, ce que j’adore dans mon travail, c’est qu’il offre la possibilité de varier les tâches. J’en parle dans la présentation de mes services, donc je n’y reviendrai pas en détails ici, mais je ne suis pas QUE traductrice… je suis avant tout une linguiste, ce qui me permet de faire également de la relecture, de la post édition, de la transcription et de la rédaction. Encore une fois, je ne vois absolument pas Chat GPT ou tout autre IA me remplacer de si tôt, car c’est ma connaissance poussée de la langue française et mon attention aux détails qui me permettent d’être une excellente relectrice, et je ne parle même pas de la rédaction marketing qui est de loin le plus gros point faible des IA : la création originale de contenu à but marketing.

En conclusion, je crois que notre beau métier a encore de longues années avant de devenir totalement obsolète !

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