Traduction automatique & Post-édition : Quelques conseils

Les arguments pour et contre leur utilisation

La part de post-édition de traduction automatique (MTPE[1]) grandit de plus en plus à mesure que les entreprises se mondialisent et que le volume de contenu à traduire augmente. Elle représente un équilibre pratique entre l’efficacité de la traduction automatique et les compétences et le discernement des traducteurs humains. En voici les principaux atouts et faiblesses.

Photo de Tara Winstead sur Pexels.com

Une définition technique :

La MTPE est le processus d’amélioration et de correction d’un texte traduit par un moteur de traduction automatique (TA). Ce processus est effectué par des traducteurs humains qui éditent et affinent le texte généré par la machine afin de s’assurer qu’il répond aux normes de qualité requises en matière de compréhension, d’exactitude et d’adéquation au contexte. La MTPE est particulièrement adaptée pour les contenus très spécialisés et techniques – mais elle sera par contre fortement déconseillée pour les documents rédactionnels, à contenus marketing par exemple, ou la littérature.

Bien trop souvent assimilée à de la « simple » relecture, la post-édition (que nous appellerons MTPE dans cet article) est en réalité bien plus que cela. Il est possible d’obtenir de bons résultats avec la traduction automatique, si tant est que le moteur utilisé soit entrainé avec des mémoires de traductions (ou tout autre contenu bilingue validé par le client) et de la terminologie en lien direct avec le contenu de la traduction. En d’autres termes, vous n’obtiendrez pas le même résultat selon que la traduction automatique est réalisée en ligne sur GoogleTranslate.com ou via un moteur de TA auquel on aura fourni une base de travail (corpus bilingue et terminologie). Cependant, il ne faut pas oublier que la machine ne remplace pas (encore !) le cerveau humain en termes de logique, et une post-édition est toujours fortement recommandée pour un résultat optimal de traduction.

Les bénéfices de la post-édition de traduction automatique

Choix du niveau de qualité et de service :

* Post-édition légère :  le traducteur/post éditeur effectue des modifications minimales pour rendre le texte traduit automatiquement compréhensible, et s’assurer qu’il ne contient pas d’erreurs flagrantes (tels que les contresens, la terminologie non respectée, les noms propres traduits…) Attention toutefois, la traduction ainsi réalisée n’est pas parfaite et est conseillée pour un usage interne ou informel où la plus haute qualité n’est pas requise.

* Post-édition complète :  il s’agit d’une forme plus approfondie d’édition visant à produire une traduction de haute qualité, proche – voire équivalente – à ce que produirait un traducteur humain. En plus de la correction d’erreurs flagrantes, la post-édition complète tient compte des nuances stylistiques et culturelles, corrige les erreurs subtiles et veille à ce que le texte soit fluide dans la langue cible et réponde à toutes les spécifications d’un texte de qualité pour publication (mise en page, ponctuation, orthographe…)

La rentabilité, nerf de la guerre : 

L’utilisation de la traduction automatique permet de réduire considérablement les délais et les coûts par rapport à la traduction humaine traditionnelle. La post-édition permet d’augmenter la qualité du résultat final tout en équilibrant efficacement les coûts.

Évolutivité :

La TA peut être utilisée pour traduire une phrase ou un paragraphe. Cependant, elle est particulièrement adaptée aux projets de traduction à grande échelle, et la TA combinée à la post-édition permet de traiter de grandes quantités de contenu. C’est notamment le cas pour les manuels techniques, parfaitement adaptés à la MTPE.

Les faiblesses et limites de la TA et de la MTPE

Les inévitables erreurs de sens :

Au risque de me répéter, la machine ne remplace pas l’humain…! Lorsque l’on a recours à la traduction automatique, un certain nombre d’erreurs demeurent dans le résultat obtenu, inhérentes à la traduction machine. Les exemples les plus flagrants, déjà précisés plus haut, concernent les noms propres (noms de personnes, de sociétés, de marques…) et les contresens, qui donnent lieu à des traductions parfois loufoques ! En effet, le moteur de traduction peut mal interpréter le sens d’un terme ou d’une expression en fonction de la situation, de la culture ou des nuances spécifiques à une langue. Il existe des subtilités – qui font par ailleurs la beauté des langues – et les expressions idiomatiques, jeux de mots et autres connotations peuvent être difficiles à traduire correctement, car ils dépendent souvent de connaissances culturelles spécifiques que les machines ne possèdent pas entièrement, alors qu’un traducteur humain, oui, car il traduira toujours vers sa langue maternelle.

Toutes les langues ne sont pas prises en charge :

Malgré des améliorations constantes, certaines langues sont bien mieux traduites que d’autres par les moteurs de TA, c’est le cas de l’anglais, bien entendu, mais aussi du français ou de l’italien, par exemple. Pour la plupart des langues qui reposent sur d’autres alphabets que l’alphabet latin (comme le russe ou le mandarin), ou celles qui ont des structures grammaticales plus complexes (comme l’allemand), cela peut entraîner une plus grande part de malentendus ou d’interprétations incorrectes, et le temps passé par le post-éditeur à retravailler le texte va annuler le gain de temps que l’on pensait faire avec la traduction automatique…

Une histoire de style :

Les nuances de registre (formel, informel) et de style peuvent également ne pas être bien capturées par les systèmes de traduction automatique, ce qui peut rendre la traduction inappropriée dans certains contextes. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles la traduction humaine est recommandée lorsque le contenu à traduire est de type rédactionnel, et nécessite une intervention humaine afin de rendre parfaitement le ton et le style dans la langue cible. La priorité dans ce cas précis est que la traduction ait le même effet percutant auprès du public cible qu’auprès du public de la langue « source ». Vous pouvez vous prêter au jeu : si vous soumettez un texte marketing à Deepl, il y a de fortes chances pour que le résultat ne donne pas entière satisfaction à vos potentiels acheteurs… ! A minima, vous provoquerez des moqueries, mais dans le pire des scenarii, vous perdrez des ventes. Et si toutefois vous avez recours à un traducteur pour corriger la traduction produite par la machine, il y a fort à parier que vous serez perdant quant au gain de temps et d’argent face à l’ampleur de la tâche pour aboutir à une traduction de haute qualité.

Attention aux failles de sécurité :

Il faut garder à l’esprit que l’utilisation de traducteurs automatiques, notamment ceux disponibles en ligne, peut poser des problèmes de confidentialité pour les documents sensibles, car les données peuvent être stockées ou traitées par des tiers. Si vous avez besoin de faire traduire des documents d’entreprise sensibles, je pense notamment à des documents légaux ou financiers, ou tout autre document qui n’a pas vocation a être diffusé au grand public, alors il est fortement recommandé de vous adresser à un traducteur professionnel. Notez que tout bon traducteur professionnel est tenu au respect du secret professionnel, mais il signera volontiers un NDA si nécessaire, afin de garantir la confidentialité des données transmises à traduction.

En résumé, la MTPE permet de répondre aux exigences et évolutions du marché de la traduction : traduire plus vite et moins cher des volumes toujours plus importants, tout en conservant autant que faire se peut – la qualité de la traduction humaine. Cependant, la traduction automatique et la post-édition ont leurs limites, et dans certains cas sont même fortement contre-indiquées ! Encore une fois, ayez confiance en votre traducteur (humain !) qui saura vous conseiller la meilleure solution en fonction de votre projet de traduction.


[1] MTPE : acronyme anglais pour Machine-Translation Post-Edition

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